Infolettre Mai 2021

Quand est-ce que TINA nous laissera tranquilles ?

Quoi, vous ne connaissez pas TINA ? Elle a maintenant une quarantaine d’années, elle est anglo-saxonne ou du moins anglophone. Beaucoup en parlent, on la croise souvent mais elle n’est pas facile à capter puisqu’elle est partout.

On pourrait dire que, tout comme Pinocchio, il s’agit d’une marionnette qui a pris vie, s’évadant de l’atelier de son auteur mais elle est bien moins sympathique, encore que, comme lui, elle est une habituée des menteries.

Pour tout vous dire, on connaît l’adresse de l’atelier de sa conceptrice : 10, Downing Street, City of Westminster, SW1A 2AA. On ne vous cachera donc pas plus longtemps qu’elle n’était autre que Margaret Thatcher, Première ministre britannique de 1979 à 1990.

Mais si TINA est bien une marionnette ou même un épouvantail, elle est en fait l’acronyme de la formule, constamment répétée depuis : « There is no alternative ! ».

Elle interdit le fait même que l’on puisse concevoir un fonctionnement différent de notre société, des choix politiques différents, des pratiques autres. Pangloss nous le disait déjà sous la plume de Voltaire : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ».

Mais se rappelle-t-on également que c’est notamment la pensée de Herbert Spencer qui inspirait les propos de la fervente ultra-libérale ? Car dans sa logique, le sens du monde est contraint par les lois du « darwinisme social », synthétisé dans sa formule « the survival of the fittest » ou pour la traduire de manière polie : la survie des plus aptes.

C’est donc comme si « la messe était dite » avant même de commencer alors que ces théories sont censées reposer sur le principe de liberté.

Alors quand abandonnerons-nous donc ces soi-disant évidences qui sclérosent la possibilité même d’un monde meilleur ?